Labrador City, Terre-Neuve-et-Labrador

Une ville mono-industrielle en quête de nouvelles occasions

Située à l’ouest du Labrador, près de la frontière québécoise, la ville de Labrador City est la capitale nationale du fer, adjacente à Wabush. Ces deux villes jumelles sont connues sous le nom de Labrador-Ouest. Pendant l’été, les résidents et les visiteurs peuvent profiter de la chasse, de la pêche, du canotage et d’autres aventures écotouristiques de calibre mondial, alors que les mois d’hiver font place à la motoneige et au ski alpin. 

7367

Population

39

Superficie des terres, kilomètres carrés

35

Âge médian

carrières, extraction gazière et pétrolière

PRINCIPALES INDUSTRIES

anglais, français

LANGUAGES OFFICIELLE

Happy Valley-Goose Bay

VILLES AVOISINANTES

La région a toujours été caractérisée par une industrie unique, exploitée depuis la création de l’entreprise Iron Ore du Canada (IOC) en 1949 et des Mines Wabush en 1957. Puisque la plupart des commerces découlent de l’industrie minière, la ville éprouve des difficultés à diversifier ses sources de revenu. En 2013, les Mines Wabush fermaient leurs portes, causant 500 mises à pied. Il n’est donc plus viable pour la ville de fonder son avenir sur la seule industrie minière.

En outre, on constate une pénurie de logements abordables et de développement dans la région, la majorité des terres appartenant à la mine et à quelques particuliers. Par ailleurs, Labrador City s’est longtemps fiée aux travailleurs migrants pour pourvoir aux postes disponibles dans les mines. La ville a ainsi acquis la réputation d’être un lieu de transit (fly in-fly out en anglais). Comme plusieurs petites villes, Labrador City fait face au déclin de sa population. De nombreux jeunes poursuivant leurs études postsecondaires déménagent vers St. John’s ou Ottawa et n’en reviennent jamais. Toutefois, Labrador City demeure principalement une ville résidentielle et une communauté très orientée vers la famille.

Malgré la politique d’embauche  de main d’oeuvre locale en priorité de l’IOC et sa réussite, il existe toujours un nombre important de travailleurs locaux qui trouvent difficiles d’établir résidence dans cette ville en raison du manque d’hébergement abordable et du coût élevé de la vie. Ainsi, on observe un manque de main-d’œuvre dans les services essentiels comme les cliniques, les services de garde et les programmes de formation. La situation persiste même si les travailleurs immigrants, notamment les membres de la communauté philippine, viennent s’installer dans la région. Ils sont disposés à travailler dans l’industrie des services, acceptant des postes moins bien rémunérés et d’habiter des logements exigus. Ils espèrent éventuellement obtenir leur statut de résident permanent et profiter d’occasions d’avancement et de meilleures conditions de vie. La communauté francophone subit également les contrecoups de cette situation : il devient de plus en plus difficile d’obtenir des services et des ressources en français, malgré le fait qu’il n’y a pas si longtemps, la majorité de la ville parlait français.

L’économie de la ville tourne actuellement au ralenti. Elle est sujette au cycle perpétuel de la dépendance au prix du fer sur les marchés. Labrador City s’en remet à ses résidents pour qu’ils agissent bénévolement là où c’est nécessaire, comme au centre touristique qui accueille entre 800 et 1 000 personnes pendant la saison estivale. Heureusement, la force de Labrador City tient à sa population. Il existe une grande solidarité communautaire, même s’il est de plus en plus ardu de trouver les bénévoles dont on a besoin. Il faut dire que ce volontariat dépend largement de l’accès aux services de garde abordables et au transport en commun pour soutenir ses activités, deux lacunes dans la région.

Labrador City porte un impressionnant potentiel de développement économique. La ville examine actuellement les occasions dans divers secteurs, comme l’environnement et la gestion des déchets. Elle occupe une position idéale pour stimuler de nouveaux développements : les coûts d’électricité sont peu élevés, les ressources naturelles abondantes et les frontières du Québec et du Labrador sont tout près. L’entreprise de développement Alderon Iron Ore Corp. espère s’établir dans la région et mettre sur pied un nouveau projet, prévoyant l’embauche de 350 personnes d’ici 2015. La ville compte également tirer profit de ses liens avec l’industrie minière; on considère la possibilité de créer un centre d’excellence sur les compétences en exploitation minière. Ce centre permettrait de former les résidents dans le domaine minier, en vue d’éventuels emplois dans la région, ce qui à son tour créerait une véritable communauté, solidement implantée.

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